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Le Commencement

Février 2010 : Je rentres chez mes parents en Alsace pour une long weekend, mon père et moi étant des fanatiques d’automobiles, nous regardons l’émission « Top Gear », une émission de  télévision anglaise qui est similaire avec l’émission « Turbo ». Le sujet principal de l’épisode que nous visionnions était « A la recherche de la plus belle route du Monde ».

Je vous ai retrouvé un résumé de cet épisode sur le net, elle est en liens à la fin de cet article. Dès lors mon père, fraichement propriétaire de deux Porsche, m’a proposé de passer nos vacances d’été à suivre les traces de ces routes primées comme étant les plus belles du monde. Nous voulons nous aussi nous faire notre propre idée à propos de cet route et décidons de suivre les indications vues dans « Top Gear », nous ferons donc nous aussi :   

- Le col de Turini, la plus célèbre des spéciale du rallye de Montecarlo. 

- Le col de San Bernardino, col reliant Hinterrheim à  Mesolcina. 

- Le Stelvio Pass, col jugé comme étant le plus impressionnant du monde. 

La voiture que j’aurais la chance de conduire est une Porsche Boxster S RS 50, une série limitée à 1953 exemplaires en hommage au RS 550 de 1993. Puissance : 266ch 

Celle conduite par mon père est une Porsche 997 Targa 4S moteur X51. Puissance : 381ch 

Juillet 2010 : Nous préparons enfin le voyage avec le choix de l’itinéraire, nous partons d’alsace pour arriver vers Bormio et le nord de l’Italie le premier jour. Ensuite nous irons sur Come et son lac. Après quoi nous descendons sur Nice et la côte d’Azur. Et enfin nous remontons en alsace en effectuant un crochet par Lyon.

Ce sera 5 jours au volant de superbes autos sur des routes magnifiques. Avant de vous laissez découvrir mes émotions, mes frissons, mes sensations lors de ces 2200km de paradis, je vous propose le lien vidéo de l’émission « Top Gear » à la recherches de la plus belle route du monde :  

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Dimanche 01/08 : Goldbach-Altenbach – Santa Catarina

Dix heures du matin, nous partons enfin. La préparation du voyage amène toujours son lot de surprise mais nous ne partons qu’avec quinze minutes de retard. Première halte, la station essence, passage obligé pour un Road Trip.

Ci-dessous, je présente ce qui fait au moins 50% de mon environnement pour cette semaine, l’habitable de la Porsche Boxster.

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Nous nous dirigeons ensuite vers la Suisse, Bâle et Zurich. Nous perdons 30 minutes dans Zurich, car l’autoroute est coupée pour cause de travaux. Aucune déviation n’est indiquée. Nos GPS sont tout autant perdus que nous mais après un moment nous nous sortons du bourbier Zurichois. C’est reparti pour l’autoroute, nou s nous arrêtons non loin du Lac de Zurich. Peu après avoir acheté une carte de la Suisse nous avons quitté l’autoroute au niveau de Flums.

imgp7940.jpg imgp7942.jpgLa nationale a son charme. 

Elle a aussi ses désagréments avec un trafic relativement dense. Enfin, nous arrivons à Davos vers 15h30, en retard d’une heure et demi. Heureusement la nationale est en très bon état et nous présente des paysages dignes de cartes postales.

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Nous visitons brièvement Davos, en regardant son lac sous un soleil qui en cette journée ne nous lâche pas d’un instant.

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En suite nous allons sur Susch et Zernes par le col du « FlüelaPass ». Des paysages magnifiquement chaotiques nous émerveillent. Des roches bordent les routes mais le revêtement en reste tout aussi splendide. Suivi par un britannique conduisant lui aussi une Boxster grise, le cortège Porsche se voit malheureusement bridé par des camping-cars et autres voitures résolument lentes. Cela permet cependant de prendre ses marques pour d’autres cols à venir et les quelques dépassements effectués amènent les premiers jets d’adrénaline tant recherchés.

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Nous nous arrêtons à Zernez p our reprendre de l’essence, afin d’arriver à l’hôtel autrement qu’en poussant. Très vite nous prenons la direction de Livigno. Pour y accéder nous allons devoir suivre un itinéraire des plus intrépides avec un tunnel long de 4,7 km à voie unique qui semble interminable et vétuste. Ce tunnel débouche finalement sur une route au sommet d’un barrage hydraulique.

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Nous sommes arrivés en Italie et nous avons droit à un péage sur ce barrage. A droite on a le vide et à gauche un magnifique lac ensoleillé. Ce péage vaut bien la vue de gauche, mais celle de droite n’est vraiment pas aux gouts de tous, y compris moi-même et mes vertiges surprises. En tout cas nous venons de parcourir un enchaînement d’évènements des moins banals. Nous longeons ce lac, parsemé de route, de semi tunnels. On y voit des cascades ramenant encore des restes des neiges qui fondent et dont l’eau se jette dans le lac. Sympa mais avec un cabriolet ce genre de tunnel, on le passe à fond de deuxième pour bien apprécier le bruit rugissant du moteur.

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Arrivé sur Livigno, nous suivons la direction de Bormio par le « Pso di Foscagno » : un col bien sympa mais une nouvelle fois trop fréquenté pour nous. Il est à noter que depuis notre départ toutes les routes sont en très bonne état et assez larges pour supporter toute la circulation présente en ce dimanche de chassé-croisé entre vacanciers. Après ce col, une nouvelle fois assez frustrant, nous traversons Bormio rapidement et allons sur Santa-Catarina là où nous dormirons pendant deux nuits. Nous montons nos affaires dans les chambres, garons les voitures au parking. Vous vous dites que finalement cette journée n’a peut-être pas eu sa dose « d’action » ? Je suis entièrement d’accord avec vous.

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Donc à 20 heures, une fois toute la voiture déchargée de ses bagages, je la redémarre, impatient… Direction Stelvio et l’ascension du mythique Stelvio Pass.

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Ce col présente pas moins de 96 épingles, long de 30 km et le sommet à 2759m d’altitude. Je suis impressionné par la grandeur des pics qui m’entourent, les Alpes forment ici une couronne d’aiguilles grisâtres où les nuages s’attachent et où la neige parfois lutte sans relâche. Je commence la route en dépassant deux Fiat Panda qui sont légions dans le nord de l’Italie et c’est parti pour les frissons! J’ai vite l’impression d’être seul, pas une lumière dans les lacets, quelques motos me croisent, certains me font un signe, certains m’encouragent à appuyer fort avec mon pied droit. Je ne me fais pas prié. Le début du col est rapide et technique, les virages sont larges, les bas cotés boisés.

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Con fiance activée, je n’ai pas peur de passer les virages rapidement. Une seule chose me fait ralentir, une grotte, puis deux, puis trois, ce sont des tunnels où seule une voiture passe en largeur, heureusement je n’y croiserais personne. Un truc à rendre fou un claustrophobe. Une fois ses tunnels, « galéria » comme les annonces les panneaux italiens, passés, je continu la montée, enfilant de plus en plus d’épingles. Elles sont serrées, nombreuses et rapprochées.

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Je commence à les passer en seconde, mais je m’aperçois rapidement que mettre la première est la chose à faire. Ces virages sont sans-merci, certains sont bordés par un précipice d’une bonne trentaine de mètres, d’autres le sont par des murs en pierres. Une erreur et c’est fini pour ce Road Trip. Heureusement je suis en confiance, je sais qu’il y a peu de chance de croiser quelqu’un sans phares à cette heure ci, je jette néanmoins souvent un coup d’œil au dessus pour anticiper tout motard ou toute voiture perdue dans les hauteurs. La température est fraiche mais même en décapotable cela reste vivifiant et tonique et me permet d’arriver à la fin du premier tiers de la montée.

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Je pense que je suis au delà des 2000m et là, se présente à moi la «pause» attendue : Dans mon ascension, une vallée, un plateau qui m’offre enfin une bonne ligne droite ou les 265cv ne me servent pas qu’à sortir d’un virage pour arriver le plus rapidement possible au suivant. Je passe la quatrième, je ne pensais pas que je pouvais le faire dans ce col. Je profite de l’accalmie pour regarder un peu le paysage, le soleil est couché depuis peu, mais la vision est bonne, le ciel est encore clair mais cela contraste encore plus avec la sensation de chao environnant. Les montagnes sont grises, la verdure apaisante, mais la forêt du bas à bien vite disparue laissant place à des roches.

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La route se poursuit à nouveau en tourniquet, un panneau me dit « 14 Turnanti ». Je pense que celui qui l’a planté ici n’a compté que les épingles et non pas les virages intermédiaires. Ça n’arrête pas, et bien tant mieux ! Cet ensemble de virages m’amène à une vision d’un ensemble d’hôtels, j’y arrive enfin, c’est le sommet. Je m’applique à toujours passer les virages le plus proprement possible, à ne pas me laisser griser par les instants inoubliables que je suis entrain de vivre. Arrivant en haut j’ai vraiment la sensation que je viens de passé un enfer, un enfer paradisiaque, je suis soulagé mais aussi quelque part déçu, je me dis que ce que je viens de vivre, rien ne pourra le remplacer.

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Je crois bien que ce que je viens de faire est «fort», mon sourire ne me quitte pas. Ce col est une merveille mais je gare la voiture et regarde un peu la descente. Je crois bien que ce que je viens de faire est fort oui, mais c’est rien par rapport au mur du col sur le versent « Stelvio ». Un méli mélo d’épingles, un enchevêtrement de murs, cela me semble étriqué, un fil de route parcourant la montagne. Je regarde l’heure, il est 20h45, vraiment, ce col est long, mais je ne renoncerais pas. En voyant un hôtel au bas de la montagne je me dis que je vais allez là bas, cela me semble proche.

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Je prends donc la décision de descendre cet amas de virages. Ce n’est pas très rapide et les freinages sont de plus en plus fort, de plus en plus tardif, l’habitude s’ajoute à un revêtement qui pour la première fois de la journée laisse à désirer. Je me retiens je n’ai pas envie de m’accroché à un mur qui est parfois à quelques centimètres du rétroviseur. Je pense à pleins de choses : comment ont-ils fait ces routes ? Combien de vies ce col a volées ? Combien de gens sont passés ici aujourd’hui ?  Vais-je réussir à rentrer pour 22 heures comme je l’ai annoncé au maître d’hôtel ?

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Je garde néanmoins la concentration, j’arrive enfin à l’hôtel que j’avais trouvé si proche il y a peu, en fait j’ai fait plus de 7 km de descente. J’ai dévalé ce mur de virages. La nuit tombe petit à petit mais je suis content d’être parti ce soir, je ne croise pas de caravanes, très peu de motos et quasiment pas de voitures. Je m’arrête pour prendre quelques photos comme je l’ai fait précédemment un peu partout dans le col et je repars vite pour revenir vers le sommet. L’allure est faible, mais pourtant je suis à fond, les virages sont tous pris en première, j’ai par moment juste le temps de passer la seconde que déjà l’épingle suivante est là.

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J’accélère, freine, tourne, accélère, freine tourne et ainsi de suite pendant encore toute la montée. Cela peut paraitre bien ennuyant, il n’en est rien, c’est jouissif, le sentiment de liberté est énorme. Cela permet de se dire que la monture est grandiose, le freinage est fiable et progressif, la direction est tout bonnement ahurissante, précise à souhait. Les montées en régimes sont enivrantes, le hurlement du 6 à plat est génial. Les virages s’enchainent avec une relative facilitée, certaines réacceleration déclenchent l’antipatinage. Cet aide électronique me bride un peu mais je préfère ça, que de voir le « cul » du bolide m’échapper et s’encastrer dans un parapet. Je fini la remonté pour revenir au sommet et je me dis vraiment que toute la frustration des cols passé au ralenti durant la journée est dispersé par le plaisir que je prends à glissé sur ce toboggan, ce zig zag permanent.

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Il fait au alentour de 10°, la nuit est là. Il est l’heure de rentrer, j’appréhende un peu la rentrée. Je me dis que si je crève un pneu, je serais seul, je distingue deux lumières au loin en contrebas, ce sont des gens qui font la même descente que moi, mais je ne les rattraperais pas. Je débute la descente et bien vite les freins commencent à emmètre un son strident. Chaque virage se prend avec la plus grande délicatesse possible. Le mouvement de mon pied sur la pédale du frein se fait avec douceur, je m’arrête au milieu de la route, je suis certain que personne ne me klaxonnera avant demain matin. Je laisse les freins et la mécanique soufflé un peu, refroidir, la sensation de chaud est assez intense. J’en profite aussi pour me dégourdir les jambes, mon genou droit commence à être douloureux, cela fait depuis plus de 11heures que je suis dans la voiture. Je repars dans le noir, il fait frais mais cela maintiens la forme. J’enchaine tous les virages et les « galéria », ces grottes me font penser au trains fantômes des parcs d’attraction, impossible de faire plus lugubre, il fait sombre et le cri du moteur est semblable au hurlement d’un fauve en cage, mais je prends un malin plaisir à traverser ces souterrains en rétrogradant, histoire de lâcher ses sons venus d’un autre monde.

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Je ne sais pas si vous avez déjà eu cette sensation, celle ou l’on se sent seul au monde, ce n’est pas une peur, plus un challenge, une lutte.

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Cette sensation se fait de plus en plus grande mais je crois que depuis que j’ai commencé ce col j’ai le sourire, je suis heureux, au volant d’une voiture exemplaire, je me dis que je suis sur terre l’homme le plus chanceux. D’autres ont parcourus ce col aujourd’hui, hier et ce depuis des années, mais ce soir c’est mon soir. Rien ne vient me distraire, la concentration ne m’a pas quitté de la journée, aucune frayeur, juste un plaisir pure de conduite énorme. Cette voiture est un véritable Kart, elle prend les virages avec une précision diabolique. Si je devais retenir une chose de cette voiture, ce serait sa tenue de route, une faible garde au sol, des suspensions ferme mais qui savent filtrer l’essentiel des bosses où trous que j’ai pu rencontrer aujourd’hui. Ajoutez à cela un train avant incisif et surtout plein de précision. Je pense que je suis au volant d’une des voitures les plus adaptées pour franchir ce genre de routes. Je pense que même la Targa 4S que conduit mon père, qui est plus puissante, qui dispose d’une transmission intégrale et d’une boite auto dernière génération n’est pas plus efficace pour cette route inhabituel. En effet, la Boxster est plus légère, plus rigide et cela joue beaucoup. En tout cas, les sensations sont au rendez-vous, ce n’est rien de le dire. Je fini le col par cette partie boisée si technique et qui me fait penser aux descentes de bobsleighs, les virages sont rapides mais assez larges pour les franchir en toute sécurité. Voila, je suis de retour dans Bormio. Je crois que sur le coup je ne réalise pas trop, quelle route c’était, ça c’est sur, qu’elle voiture j’avais en mains, ça c’est certain, mais finalement l’excitation m’amène à me dire que moi aussi je peux être fier de moi. Sur l’instant finalement je me dis que ma conduite est efficace, je ne me laisse pas déconcentrer, je ne me suis pas fait de frayeur et j’ai passé bien plus de 80% de mon temps à fond.

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La traversé de Bormio est pour moi et pour les freins d’un grand répit. Encore un petit col, le passage dans la vallée Valfurva et me voici à l’hôtel, il est 22h03, le garage est encore ouvert, j’ai été rapide, mais le fait que personne ne se trouve sur mon chemin aura été une chose déterminante dans mon aventure du « Stelvio Pass ».

Je retrouve mon père qui lui s’est reposé et nous allons manger une pizza. Italie? Pizza oblige. Nous arrivons donc dans un restaurant qui heureusement est encore ouvert dans le fond de Santa Catarina. Je prends une Calzone, d’entré je dirais que c’est la meilleur pizza que j’ai jamais mangé, je passe le temps du repas à parler de ce col fantastique à mon père. Après manger nous allons enfin nous coucher, nul doute que cette journée éreintante sera ponctuée par des rêves de Porsches, de cols alpins et de pizza.

Dimanche 01 août 2010
Album : Dimanche 01 août 2010
Voici les photos du trajet allant de Goldbach-Altenbach à Santa-Catarina en Italie
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Lundi 02/08 : Santa Catarina – Stelvio Pass

Après une bonne nuit de repos, nous allons petit déjeuner à l’Hôtel, nous nous sommes informés sur la météo, ce n’est guère réjouissant. Il fera gris le matin et une pluie tombera sur la région l’après-midi. Du coup mon père souhaite faire le « Stelvio Pass » temps que la pluie n’a pas tombé. Nous nous dirigeons donc sur Bormio et déjà il y a largement plus de monde qu’hier soir. La traversée de Bormio est pénible, tout comme la été celle de San-Antonio, un village qui se trouve peu avant Bormio. C’est un village où par endroit la rue est si étroite qu’une seule voiture peut y passer, quand on conduit une voiture de sport, cela amène quelques sueurs froides. Nous voici cependant dans la montée, rien à voir avec la veille, je me retrouve vite coincé derrière une flopée de touriste. Ce qui fut si grisant la veille, devient ennuyeux et par moment énervant. Je souhaite dépasser des véhicules, mais certains se laisse dévié intentionnellement sur la gauche me bloquant le passage. Mais inutile de s’énerver, il faut savoir gérer sa frustration. Cela me donne l’occasion de prendre quelques photos de la montée de jour. Aujourd’hui, aucune description élogieuse de ce col, oui aujourd’hui ce fut difficile d’arriver à bout de l’ascension, ce fut lent, mais j’ai au moins pu montrer le panorama qui m’avais tant extasié hier, à mon père.

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L’ambiance qui était lugubre est devenu presque festives, des meutes de motards sont présents, des caravanes, camping car et autres touristes sont éparpillés sur tous les parkings et ruelles présentes sur le sommet. Hier j’étais seul et fier de mon ascension, aujourd’hui je suis au milieu d’une foule et presque déçu de voir tant de monde. Certains passent devant moi sans se soucier du fait que j’allais prendre une photo. Je regarde dans la direction de Stelvio, la vision que j’ai de tous ces virages n’en est que plus impressionnante car je sais ce que cela à allure élevée. Voyant le nombre de véhicules lent et encombrant prendre la route, nous décidons de boire un verre, nous ne ferons pas le bout de route vers Stelvio, les nuages sont accrochés à la montagne, nous sommes dans les nuages, un embrun se met à nous chasser. La descente se fait donc recapoté, direction Bormio. Une nouvelle fois, le monde ne me permet pas d’aller attaquer comme je l’ai fait à travers la nuit sur cette voie qui était hier bien déserte. Qu’importe, j’en profite pour contempler le paysage et prendre encore quelques photos au passage.

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Nous voici sur Bormio, charmante bourgade de style médiéval, avec ses routes pavé, son château, sa collégiale, ses diverses églises et des ruelles, qui malgré le manque flagrant de couleur des façades, amènent un certains charme à l’ensemble. La promenade à travers ce véritable dédale est jalonné de rencontres. Par exemple celle d’un barman responsable d’un moto-club qui est si fière de montré une Moto-Bécane des années 50 à deux Français.

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Nous avons mangé des Pizzas hier, ce midi ce sera des pâtes. On rentredans un restaurant au décor très « chasse », avec trophées et tableaux. Après avoir dévorer plats et desserts, un Tiramisu bien entendu, nous regagnons l’Hôtel.

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Je passe f inalement l’après-midi à l’Hôtel, fatigué de la veille. Je crois que j’ai finalement un peu trop tiré sur la corde, mais à la vue de notre expédition matinale, je me dis que cela valait le coup. Mon père prend le Boxster et fait un col plus au Sud. J’en profite  pour rédiger les premiers mots et le récit de ma journée d’hier. Nous allons dans le même restaurant que la veille, les Pizzas sont si bonnes que résister serait un péché. Nous sortons et apprécions une fête donnée au milieu du village avec distribution de vin chaud et projection d’un film à la gloire de Santa-Catarina et de la vallée de Bormio. Voici une journée un peu moins remplis que celle d’hier qui s’achèvent, mais je suis confiant et impatient pour le reste de notre virée.

Lundi 02 août 2010
Album : Lundi 02 août 2010
Voici les photos du Stelvio Pass et du village de Bormio en Italie
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Mardi 03/08 : Santa Catarina – Como

Une nuit difficile m’a permis de taper mon texte pour la journée d’hier, cela me donne envie pour cette journée, qu’elle soit rempli d’aventure routière. Aujourd’hui nous quittons donc la région de Bormio pour rejoindre celle de Como à côté du Lac de Come, en français dans le texte. Première étape, Sainkt Moritz dans les alpes suisse, pour y aller, il y a à nouveau le « Pso di Foscagno » direction Livigno. Cette fois-ci pas de convois de Porsche, je suis seul en route, mon père prend une route plus courte et moins en altitude. Me voici donc à nouveau dans un paysage excentrique, mêlant roche brut, cime enneigée et verdure plus jaune que verte. Un peu moins de circulation que lors du premier passage de ce col il y a deux jours, mais par contre le temps n’est pas à la fête. Il fait froid et gris, les averses sont courantes en cette matinée. J’arrive pourtant à prendre du plaisir lors de la descente directement après le sommet, l’arrivé sur Livigno est plus laborieuse et je dois remettre la capote  en entrant dans la ville.

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Je me dirige ensuite vers Sankt-Moritz, pour se faire encore un col, le « Forcola Di Livigno », l’ascension n’est pas très originale et je joue à « saute mouton » en dépassant un grand nombre de voitures plus lentes que moi. Les chaussées sont en bon état, large et offrent beaucoup de ligne droite ou de portions dégagées permettant quelques accélérations qui dénotent avec les cols précédents plus lents. J’arrive rapidement au sommet et au même moment que le soleil ce qui m’offre un des plus beaux panoramas aperçus depuis le début du Road Trip. Je repasse en suisse et arrive dans le village de Sankt-Moritz, où la pluie se remet à tomber. Impossible dès lors d’apprécier le lac que la route borde. Et c’est vite reparti pour un autre col, le « Julierpass  » que je trouve très long et surtout qui me fait passer à quelques endroits dans un chemin de terre, cela à cause de grandes zones de travaux. L’adage dit qu’après l’effort le réconfort, ici l’effort fut de passer sur quelques hectomètres avec un pied droit des plus légers et une attention des plus vives sur les trous et autres flaques de boue jonchant la « route ». Le réconfort ? Une vision d’une bien belle cascade, de quelques petits villages suisses et du beau temps qui refait son apparition.

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Me voici ensuite sur Thusis, village plus au Nord, je me prends de quoi manger et cherche ensuite un endroit ou déguster mon sandwich, je suis alors sur la nationale et aperçoit une route qui semble sinueuse sur ma droite, je m’engage et vient alors 3 bons kilomètres d’une route étroite certes, mais déserte aussi. J’arrive alors dans un village typique des alpes suisse ou l’on à l’impression qu’il n’y pas âmes qui vivent. Je suis bien ici au milieu de nul part, mais je dois continuer la route.

 

Je reprends alors la nationale puis l’autoroute direction le « San Bernardino Pass » mais 10 kilomètres avant celui-ci, je vois une sortie « Spuegel Pass », je la prends en espérant que ce col dont on m’avait parlé précédemment ne se trouve pas loin, et c’est 500m seulement après la sortie que je débute la montée du col. Un début avec des virages en lacets. Une route dégagée et qui serpente sous un télésiège. Je suppose qu’une fois l’hiver venu, cette route est utilisée comme piste de ski. Ensuite une partie à découvert avec les alpes autour de moi à nouveau, une partie avec de bons virages rapides et un passage sur un pont typique. Tous cela précède une monté en épingles qui nous amènes rapidement au sommet, un cours passage en Italie et je redescends, cela m’aura offert 5 kilomètres de monté rapide pour découvrir ce col et me mettre en jambe avant le « San Bernardino ». La descente se fait en douceur en raison du trafic dans ce sens et je n’ai pas envie de taper sur les freins pour rien.

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J’ai encore 10 kilomètres d’autoroute, je prends la sortie Hinterrheim et me voici devant le col du « San Bernardino », il rejoint Hinterrheim à la ville de Misoco. Il y a un Tunnel de 6.6 km où passe l’autoroute, mais cela ne m’intéresse pas du tout.

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Je débute ce col dans une partie composée de pas mal de lacet, ce qui me frappe d’entrée c’est la beauté de l’endroit, l’aménagement est parfait, les murs en pierres taillées sont propres, aucune fausse note non plus du côté du revêtement, un billard de macadam. Je me sens en jambe et déconnecte l’antipatinage – ESP, je voulais voir ce que ça donnait, finalement la maitrise du véhicule demande un peu plus de concentration, mais à par des ré accélération qui se traduise par de gros dérapage cela ne change pas énormément les choses sur cette route si bien entretenue. La Porsche ne bouge pas beaucoup plus sans ces aides, finalement les épingles étant assez larges pour contenir les dérobades du train arrière, je continu sur une demi douzaine de virages serrer. La route continue avec l’ESP et devient plus large avec plus de lignes droites et des virages encore plus larges. Le paysage est juste fabuleux, et le clou du spectacle, la route du sommet borde un lac des plus charmants. Je m’arrête quelques instants pour prendre des photos et je repars sur la descente qui se fait à vive allures, là le point de vue reste sublime.

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En contre bas on peut voir un autre lac, des forêts et le village de Missoco au loin. Je fini ce col avec un sentiment de tristesse, je crois que c’est le col le plus complet que j’ai fait jusqu’ici, avec un paysage des plus merveilleux. Seul bémol, la durée du col, il ne fait « que » 14 kilomètres, c’est peu quand on à fait les jours précédent des cols de 30 km ou plus. J’ai envie de le faire dans le sens inverse pour voir mais finalement j’ai peur de ne jamais pouvoir m’en lasser, de rester là et ne jamais arrivé sur Come.

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J’ai encore de la route, ou plutôt de l’autoroute, je prends une grande descente qui passe par plusieurs Viaducs gigantesques, des tunnels qui sont légions en Suisse et passe Lugano et enfin Come, qui est à quelques minutes seulement de la Frontière Italo-suisse. Milieu d’après midi, je suis à l’Hôtel qui est vraiment bien, une chambre haut de gamme, avec un lit double, enfin je dirais quadruple, je pourrais y dormir sans soucis dans la largeur. Mon père qui à prit une route différente arrivera une heure après moi. Je me repose en cette fin d’après-midi mais très vite, mon père et moi avons dans l’idée d’aller sur Bellagio au nord de Come par la route qui borde le lac. Nous ne prenons que le Boxster, ce qui s’avérera une très mauvaise idée. Autant ce véhicule est ultra sécurisant et fun à conduire, autant sur cette route cabossé et sinueuse, le passager est à l’étroit, il sent la moindre imperfection du bitume et les accélérations sont un calvaire pour sa nuque. Le panorama inexistant sur le lac nous amènera à faire demi-tour. Nous mangeons donc sur Come, un restaurant où le service sera déplorable et les portions ridicules.

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Par contre nous sommes cette fois-ci sur le bord du lac, à côté du petit port, je prendrais des photos et après quoi nous allons profiter des grandes chambres et de nos lits vraiment confortables pour un repos des plus mérité.

Mardi 03 août 2010
Album : Mardi 03 août 2010
Voici les photos du trajet allant de Santa-Catarina à Come en Italie
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Mercredi 04/08 : Como – Nice

Le soleil est au rendez vous de cette journée de transition, la chaleur aussi, le matin il fait déjà aux alentour de 30°, les casquettes sont de sorties. L’autoroute nous attend, nous prenons donc la direction de Milan après avoir dégusté le petit déjeuné du Grand Hôtel de Come. Nous sommes nombreux sur ces routes et nous arpentons une autoroute avec pas mal de travaux, des péages et un début de canicule. Nous sortons à Savona de l’autoroute, histoire de manger quelque chose et d’apprécié le bord de mer, car nous y sommes, la Méditerranée. Un panini dans un cabanon de plage et c’est reparti, la route nationale semble encombrée et nous fait perdre 2heures du coup nous reprenons l’autoroute où l’on traverse tunnels et viaducs sans arrêt.

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Nous ne dénombrons pas moins de 30 tunnels sur cette autoroute. Enfin nous arrivons en France, Menton, belle ville côtière, puis je décide d’aller seul sur Monaco. Je suis malheureusement effaré par le monde présent dans la principauté, je ne retrouverais qu’une minuscule portion du circuit de Formule 1 et ce dans un bouchon monstre.

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Cependant j’aurais droit à un petit moment de bonheur où, au alentour du Casino, c’est une Ferrari Testarossa blanche qui me laissera passé en sortant d’une place de Parking, et très vite sortira devant moi une Rolls Royce neuve et sur le côté je verrais deux belles Lambo Gallardo Spider. Un vrai régal qui se dissipera bien vite lorsque je suivrais la direction de Nice pendant que ces Gentlemans drivers préféreront partir à l’assaut des bouchons Monégasques. Me voici finalement à Nice après avoir fait la route des hauteurs de la côte qui offre bien souvent de belles vues sur le littoral.

Mercredi 04 août 2010
Album : Mercredi 04 août 2010
Voici les photos du trajet allant de Come à Nice
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Jeudi 05/08 : Nice – Lyon

Dernière journée de Fun, avant un Lyon – Alsace par l’autoroute qui, avec ce genre de voiture, ramène plus de frustrations qu’autres chose. Ce matin je pars relativement tôt sans mon père qui souhaite lui profiter du littorale Niçois un jour de plus. Pour ma part, ce matin, je m’attaque à un monument, le col de Turini.  C’est un col connu de tous les aficionados de Rallye car c’est la spéciale la plus régulièrement emprunté dans le Rallye de Monte-Carlo. Une monté difficile et longue qui commence au village de Sospel. Je débute les premiers kilomètres de cette spéciale avec un rythme effréné, seul quelques touristes à l’allure plus lentes me gène. Je décide cependant de faire toute la monté le plus rapidement possible. Je pense que j’arrive à passer les virages au mieux, la technique et l’entrainement acquis les jours précédent me font passé un cap, je n’appréhende plus les roches surplombant la voie. Je ne crains plus non plus les lacets un peu serré, juste le revêtement un peu sal et bosselé par endroit m’amène à un peu de réserve. Je continu ce chemin long de près de 40km pour une descente qui elle ne fait que 10km avant d’arrivé sur la nationale, mais là n’est pas encore le sujet.

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La monté qui est majoritairement dans une partie boisé n’apporte que peu de points de vues sur des paysages magique, mais ici c’est la route qui est magique. Les virages sont tantôt lent et serrer pour d’autres parties plus rapides, plus techniques et où la stabilité de la voiture fait merveille.  Aucune pause de tout le parcours précédent le sommet qui s’élève tout de même à plus de 1600m. Je continu à fond et je me dis fréquemment que je fini ma semaine de folie, avec un peu de tristesse. Mais aussi j’ai le sentiment  d’être quelqu’un de chanceux, vivre cela n’est pas permis à tous le monde,  et je remercie tout naturellement  mon père qui me permet de vivre toute cette aventure.

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Trêve de sentimentalisme, la route est peu fréquentée mais il y a de beaux coins, des falaises de pierres gigantesques. Les parapets sont parfois bien proche et la vitesse souvent élevé, la dangerosité de cette route ne fait pas de doute, ce qui fait dire à quel point les pilotes de la spéciale sont des funambules qui joue sur leurs fils pour arriver au meilleur de la performance. J’aurais aimé d’ailleurs connaitre le temps que mettent ces pilotes, avec un copilote, des voitures plus puissantes, plus légères, conçus pour ça. Mais bizarrement je me dis que je ne dois pas être si loin de ça, je n’ai pas commis d’erreur et mon temps ne doit pas être bien éloigné des voitures type Groupe N ou bien des petites S2000. Qui sait un jour aurais je peux être la chance de pouvoir moi aussi monter ce col en condition de course, il faut savoir rêver.  Me voilà donc au sommet ou je me gare à côté d’un modèle historique de Royce Rolls. Une petite photo et me voila dans la descente, je reste calme et réduit l’allure, je fais quelques pauses photos afin de vous montrer les points de vue qui sur ce versant sont bien plus intéressants.

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J’arrive enfin sur la nationale et prend la direction de Digne-les-Bains, cette route est vraiment formidable. Elle traverse les gorges du Verdon, l’arrière pays est constitué aussi de très beaux villages typiques. J’arrive à un croisement où le GPS me dit de retourner vers Nice pour récupérer l’autoroute, mais aujourd’hui je me sens courageux et je sais que je vais avoir prés de 10heures de routes mais je décide tout de même de continuer cette route vers Digne-les-Bains, Gap puis Grenoble.

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La route Napoléon est vraiment belle, seulement il faut se savoir patient, le trafique est résolument dense, les zones de dépassement rares et donc la vitesse lente. Cela permet néanmoins de profité du temps clément et des paysages qui sont des plus pittoresques.  Je m’arrête à une station service au milieu de nulle part et vie une grande angoisse. Ma carte bleu ne passent pas, aurais-je dépassé mes cotas ? Le garagiste m’amène à une banque pour y retirer du liquide, chose que je fais sans le moindre problème, je pense que le problème viens vraisemblablement de leur terminal. Je repars et me remet de mes émotions, bien content de pas resté coincé dans ce trou à rat plus d’une demi heure. J’enchaine les kilomètres et les heures de routes pour enfin arriver sur l’autoroute à une centaine de kilomètres de Grenoble.

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Celle-ci est bondé et ennuyeuse, je comprends que toute la magie de mon voyage est derrière moi, je me fais une raison, ce fut exceptionnel, mais tout à une fin, même les rêves les plus enchanteurs. J’aurais piloté une voiture des plus efficaces, des plus fiables et des plus amusantes à conduire. J’aurais pris un plaisir énorme sans pour autant me faire peur. Et surtout j’aurais accompli mon défi sur ces 2200km de paradis, celui qu’avait annoncé les 3 compères de l’émission « Top Gear », trouver les plus belles routes du monde.

Jeudi 05 août 2010
Album : Jeudi 05 août 2010
Voici les photos du trajet allant de Nice à Lyon
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